LETTRE DU DOCTEUR XAVIER POUYAT

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UN CENTENAIRE..  
UNE SOCIETE IMMOBILE….

A l’heure où notre spécialité va célébrer bien modestement les 110 ans de la création de sa société savante, il est peut-être bon de se pencher sur son évolution dans le siècle présent. Quand on a été élu par ses pairs pour exercer des responsabilités au sein de cette spécialité pendant onze ans en ce qui concerne la société savante et pendant neuf ans à l’organisme de gestion du risque, on peut à ce terme avoir une vision  juste et prédictive de l’évolution de notre spécialité et de ses composantes. Notre spécialité a été la première à créer sa société savante et, malheureusement, cette spécialité a « bénéficié » des horreurs de la première guerre mondiale pour montrer à la population quelles étaient l’étendue de nos possibilités thérapeutiques et surtout et déjà de notre ingénierie en matière thérapeutique.

 

Malgré cela cette spécialité souffre d’un évident manque de connaissance de la part du public. Il est navrant de voir torpiller systématiquement les différentes initiatives essayant de remédier à cette absence de communication. Cette spécialité, peu représentée par le nombre de ses membres et du fait de son ancienneté, devrait montrer une cohésion et une identité commune parfaite lui permettant d’avoir un siège représentatif comme l’ont eu déjà beaucoup d’autres spécialités sur la capitale. Il est navrant de voir torpiller systématiquement les différentes initiatives qui ont tenté de remédier à ce manque.

Du fait de cette attitude fort déplorable de nos représentants, la plus grande partie des praticiens de la profession est totalement démotivée quand à s’investir dans le fonctionnement des instances de la spécialité. Le dénigrement systématique de tout ce qui est « dentaire » au profit de l’esthétique et de la chirurgie plastique, les tentatives répétées de faire disparaître le terme de stomatologie alors que le cœur de notre métier est quand même l’occlusion dentaire, ne font qu’ajouter à ce déshabillage de la spécialité pour en faire une spécialité bâtarde et de moins en moins connue et reconnue. Les incessantes tentatives de déstabilisation  par exemple sous le prétexte de créer un diplôme spécial de chirurgie orale totalement incongru par rapport à ce qui se fait en Europe et dans le reste du monde ayant pour seule conséquence d’entraîner des praticiens vers un avenir professionnel plutôt sombre ne font qu’aggraver les divisions déjà existantes dans la spécialité au lieu d’oeuvrer pour une unité qui favoriserait notre reconnaissance nationale et internationale. Le congrès qui est malheureusement le seul produit de la société savante, est en permanence dominé par la chirurgie, ne valorisant jamais les autres branches de la spécialité comme la partie médicale ou la prothèse maxillo-faciale dont les derniers représentants vont bientôt disparaître. Il n’est que la vitrine du travail de certains CHU, excluant par la même l’apport que peuvent représenter certains de nos libéraux dans l’avancée technique de notre spécialité. Du point de vue financier le premier budget de la société savante est constitué par l’éditeur de la revue, revue pour laquelle on peut se demander si elle est totalement adaptée à la spécialité et à ce que nous désirons qu’elle soit pour un tel tarif. Centrer sa réflexion uniquement sur la valorisation de l’impact factor n’est pas forcément compatible avec une communication efficace vis-à-vis des autres spécialités et vis-à-vis de la communauté internationale. Dans le même ordre d’idée, ne pas être présent lors des réunions spécialement organisées par l’Académie Nationale de Chirurgie et destinées à réunir toutes les spécialités n’est certainement pas le meilleur moyen de se faire reconnaître correctement au sein de la profession médicale. Dénigrer systématiquement les gens qui veulent pallier à ces absences répétées n’est pas non plus une marque d’intelligence et de volonté de reconnaissance de notre spécialité.

Que faire ? D’abord réaliser que cette spécialité ne vit que par son contingent libéral et que, sans ce contingent, elle est programmée pour disparaître. Accueillir et soutenir les projets de ceux qui s’investissent dans la spécialité en ne les refusant pas sous prétexte qu’ils n’ont pas été proposés par les praticiens universitaires dûment autorisés. Développer enfin et d’égal à égal la francophonie de façon à renforcer le poids de la spécialité et sa représentation dans notre pays. Reconnaître à nos associés dans cette francophonie et aux libéraux les valeurs qu’ils peuvent amener que ce soit en termes de techniques ou en termes d’organisation plutôt que d’essayer de le leur prendre.

La société en 2005 présentait un important découvert bancaire du à une mauvaise gestion entre autres raisons. L’éditeur de la revue n’était plus payé ou tout au moins à tempérament et il a fallu prendre des mesures de gestion correctes et quelquefois coercitives pour obtenir un redressement des finances qui nous a permis d’organiser les congrès de Versailles et de créer enfin un fonds de réserve indispensable à toute association de lois de 1901 correctement gérée. Les statuts ont été rénovés et mis à jour comme ceux d’autres composantes de la spécialité permettant un fonctionnement fluide des différentes associations et de leurs rapports entre elles.

Depuis un certain temps les décisions qui ont été prises ne correspondent pas à ce souci de bonne gestion, dégradant les comptes progressivement jusqu’à  puiser dans le fonds de réserve initialement créé et dont un des buts était la création d’une maison de la spécialité.  Ces décisions de mauvaise gestion vont à l’encontre évident de l’avenir de la spécialité pour ne satisfaire que des besoins de représentation personnelle tout à fait mesquins. Il manque cruellement dans cette spécialité ces maîtres respectés tels que ma génération en a connu, dont l’aura et la probité permettaient de valoriser leur discipline aux yeux des profanes et d’en faire un phare. Cette discipline a besoin de cela comme elle a besoin de praticiens motivés qui sachent d’abord prendre des responsabilités puis se mettre véritablement au travail et non pas agiter du vent ou alimenter des polémiques fausses et destructrices.

Ce n’est qu’à ce prix que nous retrouverons la voie de la reconnaissance et que cette discipline sera réintégrée à la place qu’elle mérite, celle de la première spécialité ayant vu le jour en France.

 

                                                                                            Dr Xavier POUYAT

 

 

 

  

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